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Cabinet Mélusine Astrologie, dates en main

Intuition & symboles

Les 22 arcanes majeurs du tarot de Marseille

Vingt et un atouts numérotés, un Mat sans numéro, un arcane XIII sans nom : le tableau complet des arcanes majeurs, et ce que leur histoire dit de leur lecture.

Par Mélusine · revu le 19 octobre 2026

Jeu de tarot de Marseille complet, étalé sur fond noir

Planche : Tarot World Project, d’après N. Conver (1760), CC BY-SA 4.0

Le tarot de Marseille compte 78 cartes, dont 22 arcanes majeurs : 21 atouts numérotés de I (Le Bateleur) à XXI (Le Monde), plus Le Mat, qui ne porte aucun numéro. Les 56 autres cartes, les arcanes mineurs, se répartissent en quatre séries : Deniers, Coupes, Épées et Bâtons. Les arcanes majeurs portent l’essentiel de la lecture symbolique et se lisent comme une suite, du Bateleur qui commence au Monde qui accomplit. Deux particularités les distinguent au premier coup d’œil : des chiffres romains additifs (IIII pour 4, VIIII pour 9) et un arcane XIII qui n’a pas de nom.

Les 22 arcanes, du Mat au Monde

La dernière colonne donne les correspondances astrologiques fixées à la fin du XIXe siècle par l’Ordre hermétique de l’Aube dorée (Golden Dawn), fondé à Londres en 1888. Elles ne figurent pas sur les cartes anciennes, mais beaucoup de tarologues qui pratiquent aussi l’astrologie les utilisent.

Numéro Nom Mots-clés Correspondance (Golden Dawn)
sans numéro Le Mat Liberté, départ, imprévu Air
I Le Bateleur Commencement, habileté, initiative Mercure
II La Papesse Savoir caché, patience, gestation Lune
III L’Impératrice Création, expression, fécondité Vénus
IIII L’Empereur Stabilité, autorité, cadre Bélier
V Le Pape Transmission, conseil, foi Taureau
VI L’Amoureux Choix, lien, désir Gémeaux
VII Le Chariot Avancée, maîtrise, victoire Cancer
VIII La Justice Équilibre, décision, droit Balance
VIIII L’Hermite Recherche, retrait, prudence Vierge
X La Roue de Fortune Cycle, changement, chance Jupiter
XI La Force Courage, maîtrise des instincts Lion
XII Le Pendu Suspension, autre point de vue, sacrifice consenti Eau
XIII (sans nom) Transformation, coupure, fin d’un cycle Scorpion
XIIII Tempérance Dosage, circulation, patience Sagittaire
XV Le Diable Attachement, désir, emprise Capricorne
XVI La Maison Dieu Rupture, libération soudaine Mars
XVII L’Étoile Espoir, inspiration, générosité Verseau
XVIII La Lune Rêve, intuition, confusion Poissons
XVIIII Le Soleil Clarté, joie, union Soleil
XX Le Jugement Appel, renouveau, révélation Feu
XXI Le Monde Accomplissement, totalité Saturne

Ces correspondances éclairent certaines cartes. Le Monde attribué à Saturne, planète des cycles achevés, rejoint ce que les astrologues lisent dans le retour de Saturne vers 29 ans. La Papesse attribuée à la Lune dit la même chose que le signe lunaire : le monde intérieur, ce qui mûrit sans bruit. Les douze signes se répartissent sur douze atouts, ce qui permet de relier une carte aux douze signes du zodiaque sans forcer.

Le Mat et l’arcane sans nom

Le Mat n’a pas de numéro sur les cartes de Marseille. Les tarots belges dits de Rouen-Bruxelles font exception en le numérotant XXII. Les auteurs ésotériques l’ont placé tour à tour en 0, en 21 ou en 22. Je le laisse hors de la suite, comme sur les cartes : il est celui qui traverse toutes les étapes sans appartenir à aucune. En tirage, il signale un départ, un saut, ou une énergie qui refuse le cadre.

L’arcane XIII porte un squelette qui fauche, mais pas de nom dans la plupart des versions anciennes et modernes. Le tarot de Jean Noblet, vers 1650, l’intitule « La Mort », ce qui reste une exception. On l’appelle souvent « l’arcane sans nom ». Les tarologues le lisent comme une transformation radicale, une coupe nécessaire, la fin d’un cycle, jamais comme l’annonce d’une mort physique.

D’une partie de cartes italienne à un outil de lecture

Le tarot est d’abord un jeu de cartes, né dans le nord de l’Italie au XVe siècle. Les livres de comptes du duc de Ferrare mentionnent des « carte da trionfi » en 1442. Le plus complet des jeux peints conservés, dit Visconti-Sforza, a été commandé vers 1450 par Francesco Sforza, duc de Milan ; ses atouts ne portent ni nom ni numéro. Le jeu passe dans le sud de la France après la conquête de Milan par les Français en 1499. Au XVIIIe siècle, les cartiers fixent le modèle qu’on appelle aujourd’hui « de Marseille » : Jean Dodal à Lyon au début du siècle, Nicolas Conver à Marseille vers 1760. Le tarot se joue d’ailleurs toujours en France comme jeu de levées.

La lecture divinatoire vient plus tard. En 1781, Antoine Court de Gébelin affirme dans le tome VIII du Monde primitif que le tarot conserve un ancien livre égyptien. Aucun document ne le confirme, et les hiéroglyphes ne seront déchiffrés par Champollion qu’en 1822, mais l’idée lance la tradition ésotérique. Le nom « tarot de Marseille » est employé par le collectionneur Romain Merlin en 1856, repris par Papus dans Le Tarot des Bohémiens en 1889, puis popularisé à partir de 1930 par Paul Marteau, qui diffuse chez Grimaud son « Ancien Tarot de Marseille ». Cette chronologie s’inscrit dans une histoire de l’astrologie où les arts divinatoires se sont souvent croisés.

Marseille ou Rider-Waite : l’ordre de la Justice et de la Force

Le tarot anglais de Waite et Pamela Colman Smith, publié par Rider en 1909, a inversé deux cartes : la Force y devient VIII et la Justice XI. Le but était d’aligner la suite sur les correspondances de la Golden Dawn, le Lion (la Force) précédant la Balance (la Justice) dans l’ordre du zodiaque. Je garde l’ordre de Marseille, Justice en VIII et Force en XI, parce que c’est celui des cartes elles-mêmes et qu’il fonctionne avec la numérologie du chemin de vie : un chemin de vie 8 se lit alors avec la Justice, un 11 avec la Force.

Pour une question précise, tirez trois arcanes majeurs seuls plutôt qu’un jeu complet : la réponse est plus nette, et chaque carte garde son poids. Le tirage reste une coïncidence choisie, au sens où l’entend la lecture des signes et symboles. Le sens exact de plusieurs figures du XVe siècle, en revanche, échappe encore : les historiens du jeu établissent bien la filiation italienne, mais l’intention des premiers peintres reste discutée.

Premier tirage : nombre d’arcanes, Mat, arcane XIII

Combien y a-t-il d’arcanes majeurs dans le tarot de Marseille ?

Il y en a 22 : 21 atouts numérotés de I à XXI et Le Mat, sans numéro. Avec les 56 arcanes mineurs, le jeu complet compte 78 cartes.

Pourquoi l’arcane XIII n’a-t-il pas de nom ?

La plupart des tarots de Marseille anciens le laissent sans titre, alors que la figure d’un squelette à la faux est explicite. Le jeu de Jean Noblet, vers 1650, le nomme « La Mort », mais l’usage a retenu l’arcane sans nom, que les tarologues lisent comme une transformation.

Le Mat est-il l’arcane 0 ou 22 ?

Sur les cartes de Marseille, il n’a pas de numéro. Les ésotéristes l’ont placé en 0, en 21 ou en 22 selon les systèmes, les tarots belges de Rouen-Bruxelles faisant exception avec un XXII imprimé.

Quelle différence entre arcanes majeurs et arcanes mineurs ?

Les 22 arcanes majeurs sont des figures symboliques numérotées. Les 56 arcanes mineurs forment quatre séries (Deniers, Coupes, Épées, Bâtons) de dix cartes numérales et quatre figures : Valet, Cavalier, Reine et Roi.